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    June 08

    Fée de société

     
     
     
     
    Faut-il juger les fous ?
     
     
     
    A la suite de faits divers ayant défrayé la chronique, le gouvernement a initié une loi permettant de faire comparaître les malades mentaux et de maintenir en détention de sûreté des individus présumés dangereux. Une perspective inquiétante, sur laquelle avait travaillé voilà plus de trente ans le philosophe Michel Foucault. Au-delà des rapports étranges qu'entretiennent désormais la justice et la psychiatrie, c'est la question de la place des fous dans la société d'aujourd'hui qui est posée. Michel Foucault mettait en garde contre les dangers d'une psychiatrie qui deviendrait l'instance centrale de défense de la société contre ses ennemis intérieurs.
    "La dangerosité est une notion qui n'est ni juridique, ni psychiatrique, ni médicale, mais disciplinaire."
    "Pour le malade, la victime, dépouillée de son humanité, n'est que le support matériel de son délire. On ne peut lui demander d'éprouver de l'empathie ou du remords."
     
    A l'époque du "grand renfermement" des fous décrit par Foucault, Descartes rejetait l'hypothèse de la folie ("à partir du moment où je raisonne et je pense, il est impossible qu'en même temps je sois fou.") Serait-il possible qu'aujourd'hui en inventant d'autres pratiques judiciaires de la folie, nous retrouvions quelque chose de la sagesse de Montaigne, qui acceptait de se laisser inquiéter et hanter par la folie ?
     
     
    A lire :
    Folie et Justice. Relire Michel Foucault.
    - Histoire de la folie à l'âge classique (Gallimard, 1961)
    - Surveiller et punir. naissance de la prison (Gallimard, 1978)
    - Les Anormaux (Gallimard, 1999)
    - Le pouvoir psychiatrique (Seuil-Gallimard, 2003)
    - Dits et Ecrits en deux volumes (1954-1975 et 1976-1988)
     

    Comments (5)

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    on apprend en psychologie que la folie n'est pas une question de nature mais de degrés, on n'est tous fous à des degrés divers c'est tout, on possède tous des tendances névrotiques ou psychotiques à des degrés divers, ce qui fait la différence c'est que la société considère certains degrés comme insupportable pour son bon fonctionnement.... on ne peut juger un fou suivant des critères ordinaires de moralité.... en tous cas le jugement n'aura pas sa valeur éducative car le recepteur ne sera pas en mesure de l'apprécier.... seule reste la valeur punitive qui reste nécessaire au moins pour la société....

    ce qu'il faut quand même bien comprendre c'est que la notion de folie dépend du regard de la société, il n' y a pas si longtemps, la masturbation, l'homosexualité ou l'épilepsie étaient considéré comme des déviances et même des maladies mentales....

    June 9
    Leonard de Vinci était fou aussi... mais dans l'intérêt collectif....
    June 9
    Je serais plus mesurée comme Frekileu. Les certitudes sont la plus forte expression de nos doutes. C'est la crainte de l'inconnu qui peut nous amener à se créer des "carapaces" de certitudes et a enfermer les autres dans des catégories « fou » « pas fous » « normal » « anormal ». Le plus grand nombre n’est pas forcément un référentiel acceptable.
    Et pour la folie ? La folie peut être, selon moi, dans certains cas, l'âme qui "quitte" (ou se "déconnecte") le corps physique. L'esprit perd ses références. Il va tenter de mettre en place des réponses automatiques mais sans référence, il perd les pédales.
    La folie ne s'exprime alors pas seulement au sens d'un être associable qu'on enferme dans un asile. Cela peut, par exemple, s'exprimer par des "dératés" du travail. Ils s'acharnent à travailler parce que ça fait partie d'une réponse "automatisée" de l'esprit (assurer ses ressources pour sa survie).
    Dans ce cas, l'âme ne s’exprime pas. C’est pire que si l'esprit essayait de la museler. Il n'y a même plus ce conflit possible. C'est seul l'esprit qui s'exprime.
    Il existe une forme de folie très particulière. Je ne connais pas le terme exact mais c'est une forme "d'hyper-intelligence" : des génies qui mettent leur intelligence à leur service égoïste. Par exemple, Napoléon (mais c'est déjà un peu loin pour en faire une étude très poussée) et Hitler étaient des fous de cette trempe. Hyper intelligents pour contrôler les foules et des génies de guerre, mais quand sont arrivés les résultats positifs, alors s'est exprimé l'objectif initial égoïste. Et tout s'est effondré. Ils ont pété les plombs. Je pense qu'ils entrent dans cette catégorie de folie que je viens d'établir. Les fondements de leur objectif sont totalement "matérialistes" et propres à servir leur intérêt, un intérêt individuel et singulier. Ceci conduit à l’ « autodestruction » en quelque sorte.
    Nous sommes des êtres sociaux et nous avons besoin des autres pour survivre (je ne parle pas uniquement de préservation de l’espèce, je parle aussi ici de l’évolution intellectuelle). Les fous sont, selon moi, ceux qui mettent leur esprit au service de leur profit personnel sans être attentifs à l’avancée générale.
    June 9
    Freki leuwrote:
    Désolé d'être à contre courant... ils savent ce qu'ils font, avec leurs repères.
    Ils comprennent, avec leurs repères.
    Pas les mêmes que les nôtres, c'est sûr. Nous sommes parfois aussi les fous des fous sans doute...sauf que nous sommes pleins, et pleins de "démocratie" qui nous "oblige" à les considérer comme tels.
    Je suis fou dans l'hexagone, de manger un foie humain, je serai fou de ne pas le faire dans une montagne birmane...
    Question de repères, pas de dialogue.
    Question de comprendre, mais pas forcément d'accepter. L'épidémie (ou son envie) de saturnisme, n'empêche pas de dialoguer...
    Mes deux balles... à 360 gr (désolé pour le joke!)
    June 8
    tsat stellwrote:
    on ne peut pas les juger car ils ne savent pas ce qu'ils font et le dialogue avec eux n'est pas le même car ils ne comprennent rien.
    bise et à bientôt!
    June 8

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